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Micro-entreprise ou SASU : le comparatif honnête.

Charges réelles, TVA, protection sociale, comptabilité : ce que chaque statut coûte et permet vraiment, et les signaux qui justifient la bascule.

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Deux logiques différentes

La micro-entreprise est un régime simplifié de l'entreprise individuelle : cotisations calculées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, impôt sur une base forfaitaire, obligations comptables réduites au livre des recettes. Simple, mais forfaitaire : vos frais réels n'existent pas fiscalement.

La SASU est une société : personnalité morale distincte, charges déduites au réel, impôt sur les sociétés, rémunération et dividendes à piloter. Plus lourde à faire vivre, mais taillée pour les activités qui investissent, dépassent les plafonds ou veulent optimiser la rémunération.

Le match, poste par poste

Cotisations socialesMicro : 12,3 % à 25,6 % du chiffre d'affaires encaissé. SASU : cotisations sur la rémunération versée au président, de l'ordre de 75 à 80 % du salaire net ; zéro rémunération, zéro cotisation
Frais professionnelsMicro : abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 %), aucune déduction réelle. SASU : loyers, matériel, sous-traitance, déplacements déduits au réel
TVAMicro : franchise sous 37 500 € (services) ou 85 000 € (ventes). SASU : TVA facturée et récupérée sur les achats dès l'assujettissement
Protection socialeMicro : indemnités limitées, retraite proportionnelle au chiffre d'affaires. SASU : président assimilé salarié au régime général, sans assurance chômage
ImpôtMicro : barème après abattement, ou versement libératoire. SASU : impôt sur les sociétés, puis imposition de la rémunération et des dividendes
ComptabilitéMicro : livre des recettes, déclarations Urssaf. SASU : comptabilité complète, bilan annuel, expert-comptable recommandé (souvent 1 000 à 2 000 € par an)
Plafonds de chiffre d'affairesMicro : 83 600 € ou 203 100 €. SASU : aucun

Les pourcentages SASU sont des ordres de grandeur : le coût réel dépend du niveau de rémunération, des dividendes et de la situation personnelle du président. Pour un arbitrage chiffré, faites tourner les deux hypothèses avec un professionnel du chiffre.

Quand la micro reste le bon choix

Pour démarrer, tester un marché ou exercer en complément d'un autre revenu, la micro est difficile à battre : création rapide, gestion réduite à quelques déclarations, arrêt sans frais si le projet ne prend pas.

Elle reste pertinente en rythme de croisière quand trois conditions se cumulent : des frais réels faibles (bien en dessous de l'abattement forfaitaire), un chiffre d'affaires confortablement sous les plafonds, et pas de besoin d'investissement avec TVA à récupérer. Un consultant à 60 000 € avec un ordinateur et un abonnement coworking coche souvent ces trois cases.

Les signaux qui justifient la bascule

Quatre signaux reviennent systématiquement : vos frais réels dépassent durablement l'abattement forfaitaire ; votre chiffre d'affaires approche du plafond micro (ou l'a déjà dépassé une année) ; vous investissez et laissez de la TVA non récupérée sur chaque achat ; vous voulez accueillir un associé, embaucher ou lisser votre rémunération entre salaire et dividendes.

S'y ajoute un signal commercial : certains grands comptes et appels d'offres se méfient des entreprises individuelles. Une société avec un capital, même modeste, passe mieux les services achats.

Comment se passe le passage

Le passage n'est pas une transformation juridique de la micro : vous créez une SASU (statuts, dépôt du capital, publication d'une annonce légale, immatriculation au Guichet unique), puis vous cessez votre micro-entreprise ou la conservez pour une activité réellement distincte.

Comptez quelques centaines d'euros de frais légaux incompressibles (annonce légale, greffe), plus la rédaction des statuts si vous vous faites accompagner. Anticipez aussi la bascule opérationnelle : nouveaux mandats de facturation, information des clients, transfert des contrats en cours.

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Questions fréquentes

À partir de quel chiffre d'affaires faut-il passer en SASU ?
Il n'existe pas de seuil unique : tout dépend de vos frais réels, de votre TVA non récupérée et de votre trajectoire par rapport aux plafonds. Un prestataire sans frais peut rester micro jusqu'au plafond ; un e-commerçant à marge serrée peut avoir intérêt à basculer bien avant.
Puis-je cumuler micro-entreprise et SASU ?
Oui, être président de SASU et micro-entrepreneur en parallèle est possible, à condition que les deux activités soient réellement distinctes. Facturer sa propre SASU depuis sa micro est en revanche un montage à proscrire sans conseil professionnel.
Le président de SASU cotise-t-il au chômage ?
Non. Le président assimilé salarié relève du régime général pour la maladie et la retraite, mais ne cotise pas à l'assurance chômage et n'ouvre pas de droits à ce titre. C'est un point à intégrer dans l'arbitrage, notamment si vous quittez un CDI.
Combien coûte la création d'une SASU ?
Les frais légaux obligatoires (annonce légale et immatriculation au greffe) représentent quelques centaines d'euros. L'accompagnement à la rédaction des statuts s'y ajoute selon le prestataire ; chez ma-domiciliation.fr, cet accompagnement est offert, seuls les frais légaux restent dus.
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Sources officielles