Quel plafond s'applique à votre activité, ce qui se passe en cas de dépassement, et le piège du prorata l'année de création.
Le régime micro est réservé aux entreprises dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas certains seuils, actualisés périodiquement. Pour 2026 :
| Vente de marchandises, hébergement | 203 100 € de chiffre d'affaires par an |
|---|---|
| Prestations de services (BIC) et professions libérales (BNC) | 83 600 € de chiffre d'affaires par an |
| Activité mixte (vente + services) | 203 100 € au global, dont 83 600 € maximum pour les services |
Un photographe qui vend des tirages, un artisan qui fournit ses matériaux ou un créateur de contenu qui vend des produits relèvent de l'activité mixte : chaque nature de chiffre d'affaires se suit séparément.
Le plafond s'apprécie sur le chiffre d'affaires effectivement encaissé au cours de l'année civile, hors taxes, avant tout abattement. Une facture émise en décembre mais payée en janvier compte pour l'année suivante.
Aucun frais n'en est déduit : les commissions de plateformes (Malt, Uber, Etsy, Vinted Pro) font partie du chiffre d'affaires à comparer au plafond, même si vous ne les touchez jamais.
Dépasser le plafond une année ne vous fait pas sortir du régime : vous restez micro-entrepreneur l'année du premier dépassement, quel que soit le montant atteint.
C'est le dépassement deux années civiles consécutives qui provoque la bascule : au 1er janvier suivant, vous relevez du régime réel (BIC) ou de la déclaration contrôlée (BNC), avec comptabilité complète. Exemple : 90 000 € de chiffre d'affaires BNC en 2025 puis 95 000 € en 2026 entraînent la sortie du régime au 1er janvier 2027. Si 2026 était repassée sous 83 600 €, la micro continuait.
L'année de la création, le plafond est proratisé au nombre de jours d'activité (prorata temporis). Une création au 1er juillet laisse 184 jours d'activité : le plafond services s'apprécie alors à 83 600 € multipliés par 184/365, soit environ 42 100 €.
Ce prorata surprend les activités qui démarrent fort : un lancement en fin d'année avec un bon carnet de commandes peut techniquement constituer un premier dépassement. Tenez-en compte dans le choix de votre date de début d'activité.
Ne confondez pas les plafonds du régime micro avec les seuils de la franchise de TVA (37 500 € pour les services, 85 000 € pour les ventes en 2026). Vous pouvez parfaitement rester micro-entrepreneur tout en facturant la TVA : entre 37 500 € et 83 600 € de services, c'est même la situation normale.
La sortie du régime micro, elle, change de dimension : comptabilité d'engagement, liasse fiscale, cotisations calculées sur le bénéfice réel. Beaucoup d'indépendants anticipent ce cap en passant en société plutôt que de le subir.
Le plafond ne se découvre pas en décembre : votre espace autoentrepreneur.urssaf.fr affiche le cumul de chiffre d'affaires déclaré depuis le 1er janvier, et votre livre des recettes vous donne la même information en temps réel côté encaissements. Un point trimestriel suffit pour savoir où vous en êtes par rapport aux 83 600 € ou 203 100 €.
Si la trajectoire mène au dépassement, vous avez le choix du tempo : encaisser en janvier plutôt qu'en décembre pour décaler un franchissement, assumer un premier dépassement en préparant la suite, ou anticiper la bascule vers une société pendant que l'activité est encore simple à transférer. La pire option est celle qui se subit : découvrir la sortie du régime en même temps que ses nouvelles obligations comptables.