Un seul formulaire, un abattement automatique, une option à connaître : tout ce qui se passe entre votre chiffre d'affaires et votre impôt.
Le régime micro est un régime fiscal simplifié : pas de liasse, pas de bilan, pas de compte de résultat. Chaque printemps, vous reportez votre chiffre d'affaires encaissé l'année précédente sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, l'annexe « professions non salariées » de votre déclaration de revenus habituelle.
Le montant à reporter est votre chiffre d'affaires brut, hors taxes, sans déduire ni frais ni abattement : l'administration applique elle-même l'abattement forfaitaire. Reporter un montant déjà abattu est l'erreur la plus répandue, et elle se paie en double abattement injustifié, donc en redressement potentiel. Votre espace autoentrepreneur.urssaf.fr récapitule les montants déclarés dans l'année : c'est la base la plus fiable.
L'administration calcule votre revenu imposable en appliquant un abattement forfaitaire représentatif de vos charges, avec un minimum de 305 € :
| Vente de marchandises, hébergement | Abattement de 71 % : 29 % du CA est imposable |
|---|---|
| Prestations de services BIC | Abattement de 50 % : la moitié du CA est imposable |
| Professions libérales et BNC | Abattement de 34 % : 66 % du CA est imposable |
Le revenu ainsi obtenu s'ajoute aux autres revenus de votre foyer et passe au barème progressif. Conséquence directe : aucune dépense réelle n'est déductible en micro. Si vos frais dépassent durablement l'abattement de votre catégorie (gros achats, sous-traitance, déplacements), le régime réel ou une société peuvent devenir plus avantageux : c'est un signal à surveiller chaque année.
Sur option, vous pouvez régler l'impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations, par un pourcentage supplémentaire appliqué à chaque déclaration Urssaf : 1 % du chiffre d'affaires pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC.
L'option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas un seuil par part (de l'ordre de 29 000 € pour une part, revalorisé chaque année). Elle est intéressante si votre taux d'imposition au barème dépasse le taux du versement libératoire rapporté à votre revenu ; elle est perdante si vous n'êtes pas ou peu imposable, puisque le versement, comme son nom l'indique, est libératoire : pas de restitution. Même avec l'option, le chiffre d'affaires se reporte sur la 2042-C-PRO, dans les cases dédiées, pour le calcul du taux du foyer.
Sans versement libératoire, votre impôt sur les revenus micro est prélevé sous forme d'acomptes mensuels ou trimestriels, calculés par l'administration à partir de votre dernière déclaration et débités sur votre compte bancaire. Personne ne « retient à la source » sur vos factures : c'est à vous de provisionner.
Ces acomptes se pilotent depuis votre espace impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » : vous pouvez les moduler en cas de baisse d'activité, les reporter ponctuellement, ou en créer dès la première année d'activité pour éviter une régularisation lourde l'année suivante. Règle de bon sens : mettez de côté chaque mois un pourcentage fixe de vos encaissements (votre taux moyen d'imposition estimé), sur un livret dédié, et les acomptes ne seront jamais une surprise.
Au moment de déclarer, cinq erreurs concentrent l'essentiel des ennuis :
Cet article décrit les règles générales : le choix entre barème et versement libératoire dépend de votre foyer, de vos autres revenus et de leur évolution. Pour une décision chiffrée, utilisez le simulateur officiel sur impots.gouv.fr ou rapprochez-vous de votre service des impôts.