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Loi influenceurs : vos obligations de créateur rémunéré.

Dès le premier partenariat rémunéré, la loi de 2023 s'applique : mentions obligatoires, contrats écrits, secteurs interdits et sanctions lourdes.

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Qui est concerné

La loi du 9 juin 2023, ajustée depuis pour se conformer au droit européen, encadre l'« influence commerciale » : le fait de promouvoir des biens, des services ou une cause quelconque contre rémunération ou avantage en nature, y compris des produits offerts.

Aucun seuil d'abonnés n'existe : le nano-créateur payé 50 € pour un post est concerné au même titre qu'une star des réseaux. Le créateur UGC qui produit des vidéos diffusées par la marque elle-même relève plutôt du droit classique de la publicité, mais bascule dans le champ de la loi dès qu'il publie sur ses propres comptes contre contrepartie.

Les mentions obligatoires

Toute promotion rémunérée doit porter la mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale », claire, lisible et identifiable, affichée pendant l'intégralité de la promotion, quel que soit le format : post, vidéo, story, live. Une mention noyée dans les hashtags ou visible une seconde ne satisfait pas la loi.

Deux mentions spécifiques s'ajoutent pour les visuels : « Images retouchées » lorsque des traitements modifient la silhouette ou le visage, et « Images virtuelles » lorsque le contenu est créé par intelligence artificielle. À l'heure des avatars et vidéos générés par IA, cette mention concerne directement les créateurs qui industrialisent leur production.

Les secteurs interdits ou très encadrés

Certaines promotions sont interdites ou strictement encadrées, quel que soit le montant en jeu :

  • chirurgie et médecine esthétique : promotion interdite ;
  • abstention thérapeutique (inciter à arrêter un traitement) : interdite ;
  • produits contenant de la nicotine : promotion interdite ;
  • abonnements à des pronostics sportifs : promotion interdite ;
  • produits et services financiers risqués (crypto-actifs hors acteurs enregistrés, trading spéculatif) : interdits sauf exceptions étroites ;
  • jeux d'argent et paris sportifs : autorisés uniquement sur des plateformes capables d'exclure les mineurs, avec bandeau d'avertissement.

Avant d'accepter un partenariat dans un secteur sensible (santé, finance, jeux), vérifiez le cadre exact : c'est le créateur qui affiche la promotion qui s'expose en première ligne.

Contrats écrits et responsabilités

Au-delà d'un seuil de rémunération ou d'avantage fixé par décret, le contrat écrit entre le créateur, l'annonceur et l'éventuelle agence est obligatoire, avec des clauses imposées : missions, rémunération, droits d'exploitation des contenus. L'annonceur et l'influenceur sont solidairement responsables des dommages causés aux consommateurs.

Le dropshipping est spécifiquement visé : le créateur qui vend en son nom (boutique liée, TikTok Shop en propre) endosse les responsabilités d'un vendeur professionnel, disponibilité des produits, conformité et droit de rétractation compris.

Sanctions et lien avec votre micro-entreprise

La DGCCRF contrôle activement le secteur et publie régulièrement des mises en demeure nominatives. Les pratiques commerciales trompeuses exposent jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende, avec possibilité d'interdiction d'exercer l'activité d'influence commerciale.

Côté micro-entreprise, la règle est simple : tous les revenus d'influence sont du chiffre d'affaires à déclarer (virements des plateformes, factures aux marques, commissions d'affiliation), et la valeur de certains avantages en nature reçus en contrepartie d'une promotion doit également être prise en compte. Pour les cas ambigus, produits reçus sans engagement par exemple, interrogez l'Urssaf ou un expert-comptable plutôt que de trancher seul.

Questions fréquentes

Je n'ai que 2 000 abonnés : suis-je concerné par la loi ?
Oui. La loi s'applique dès qu'il y a promotion contre rémunération ou avantage en nature, sans aucun seuil d'audience. La taille du compte ne change que le montant des enjeux, pas l'existence des obligations.
Les produits offerts par les marques doivent-ils être déclarés ?
Lorsqu'ils sont la contrepartie d'une promotion, ils constituent un avantage en nature à valoriser dans vos revenus. Pour les envois spontanés sans engagement de publication, la frontière est plus fine : documentez chaque cas et faites valider votre pratique par l'Urssaf ou un professionnel.
Où et comment afficher la mention « Collaboration commerciale » ?
De façon claire, lisible et identifiable, pendant toute la durée de la promotion et sur tous les formats : superposée à la vidéo ou à la story, pas seulement enfouie dans la description. Les outils de transparence intégrés aux plateformes aident mais ne dispensent pas de vérifier la visibilité réelle.
Que risque concrètement un créateur en infraction ?
Une injonction ou mise en demeure de la DGCCRF, souvent rendue publique, des amendes, et pour les pratiques trompeuses jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende. S'y ajoute le risque commercial : les marques sérieuses ne travaillent plus avec un créateur épinglé.
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Sources officielles