La réponse est non : une seule par personne. Mais rien n'empêche d'exercer plusieurs activités dans la même, ou d'ajouter une société à côté.
La micro-entreprise n'est pas une structure que l'on peut multiplier : c'est un régime attaché à votre entreprise individuelle, et chaque personne physique ne peut avoir qu'une seule entreprise individuelle. Vous n'avez d'ailleurs qu'un seul numéro SIREN pour toute votre vie d'entrepreneur individuel : si vous fermez puis recréez, l'INSEE vous rattache au même identifiant.
Impossible, donc, d'ouvrir une deuxième micro-entreprise pour une deuxième activité, pour séparer deux clientèles ou pour doubler les plafonds. Toute tentative en ce sens est bloquée au Guichet unique. La bonne question n'est pas « comment avoir deux micros ? » mais « comment loger plusieurs activités ? », et là, les solutions existent.
Une micro-entreprise peut exercer autant d'activités que vous le souhaitez, à condition de les déclarer. Vous choisissez une activité principale, celle qui génère le plus de chiffre d'affaires, et vous ajoutez des activités secondaires par une simple formalité de modification au Guichet unique, gratuite pour une entreprise individuelle.
Graphiste et formateur, développeur et vendeur de templates, coiffeuse à domicile et revendeuse de produits capillaires : ces combinaisons vivent très bien dans une seule micro-entreprise. Chaque activité conserve ses propres règles (assurance, qualification éventuelle), mais l'ensemble partage le même SIREN, les mêmes déclarations Urssaf et le même compte.
Quand vos activités relèvent de catégories différentes, le chiffre d'affaires se déclare ventilé par nature, et chaque part supporte son propre taux de cotisations :
| Vente de marchandises | 12,3 % de cotisations, plafond global de 203 100 € |
|---|---|
| Prestations de services BIC | 21,2 % de cotisations, dans la limite de 83 600 € |
| Prestations et professions libérales BNC | 25,6 % de cotisations, dans la limite de 83 600 € |
En activité mixte vente + services, le plafond total est de 203 100 €, dont 83 600 € maximum pour la part services. Les seuils de franchise de TVA suivent la même logique (85 000 € pour les ventes, 37 500 € pour les services). Déclarer tout son chiffre d'affaires dans une seule case, par simplicité, est une erreur classique : elle fausse vos cotisations et peut coûter cher en cas de contrôle.
Deux limites méritent d'être connues. La première : le régime micro reste unique même avec plusieurs activités, donc les plafonds ne s'additionnent pas. Deux activités de services se partagent les mêmes 83 600 €.
La seconde concerne les statuts sociaux incompatibles : vous ne pouvez pas être à la fois micro-entrepreneur et gérant majoritaire d'une SARL, car les deux relèvent du même statut de travailleur indépendant. En revanche, être président de SASU, associé minoritaire ou salarié n'empêche pas d'avoir une micro-entreprise à côté, sous réserve des clauses de votre contrat de travail.
Si votre deuxième projet a une vraie ambition propre (associés, investissements, image distincte), la bonne réponse n'est pas une deuxième micro mais une société. Une SASU peut coexister avec votre micro-entreprise : la micro héberge votre activité de freelance, la société porte le projet qui grossit, chacune avec sa comptabilité et sa fiscalité.
Ce montage est courant chez les indépendants dont une activité approche les plafonds : plutôt que de subir la sortie du régime micro, ils basculent l'activité en croissance dans une société et gardent la micro pour le reste. Notre fiche « Micro-entreprise ou SASU » détaille les critères de choix.
Une micro multi-activités se gère très bien avec trois habitudes. Tenez un livre des recettes qui précise la nature de chaque encaissement (vente, service BIC, prestation BNC) : c'est lui qui alimente la ventilation de vos déclarations Urssaf. Suivez vos cumuls par catégorie au fil de l'année, pas seulement le total : c'est la part services qui atteint son plafond en premier dans la plupart des activités mixtes. Enfin, facturez proprement : une facture par nature de prestation, ou des lignes clairement distinctes, simplifie tout en cas de contrôle.
Côté image, rien ne vous oblige à tout présenter sous la même enseigne : un nom commercial peut couvrir une activité et pas l'autre, du moment que vos documents portent bien votre nom et la mention EI.